Mars 2005

No.103 - COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 10 MARS 2005

Samedi 12 Mars 2005

Un Conseil des ministres s’est tenu ce jeudi 17 février 2005, de 11 heures à 15 heures au Palais de la Présidence, sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.

Avant d’aborder son ordre du jour le Conseil s’est penché sur une communication verbale présentée par le ministre de la Sécurité Intérieure relative à des informations diffusées au sein des populations par des voies anonymes appelant au soulèvement de certaines communautés ivoiriennes contre d’autres communautés nationales.

Analysant l’information, le Conseil a estimé qu’il s’agissait là d’une action d’intoxication qui s’inscrivait sans discussion dans le même registre des tentatives multiples et multiformes de déstabilisation, poursuivie dans le seul et unique but de créer le chaos dans notre pays par une guerre civile.

Pour l’essentiel le Conseil, après avoir stigmatisé ces pratiques, a affirmé une fois de plus sa volonté et sa détermination à travailler dans le sens de la cohésion et de l’unité de tous les Ivoiriens qu’ils soient du Centre, de l’Ouest, du Nord ou du Sud.

Le Président de la République a donné instruction au ministre de la Sécurité Intérieure de poursuivre ses investigations en vue de démasquer les pêcheurs en eau trouble.

Il appelle tous les Ivoiriens ainsi que les populations étrangères à rester sourds et imperturbables face aux sirènes de la division, qu’elles soient internes ou externes, et à agir avec discernement et responsabilité pour aider notre pays à sortir uni de cette crise dans laquelle beaucoup travaille à nous maintenir.

Le Président de la République a tenu ensuite à s’exprimer à propos de deux sorties mensongères de RFI relativement à la dernière visite qu’il a rendue au Président John Kufuor à Accra et à la tournée d’explication qu’effectue actuellement la Direction du FPI dans plusieurs pays dont le Maroc.

Sur ces deux faits, RFI qui depuis longtemps a fait l’option dans la crise ivoirienne de combattre systématiquement le camp présidentiel a préféré comme à son habitude, servir à l’opinion publique, des commentaires orientés en lieu et place de l’information vraie.

Ainsi, alors que la visite présidentielle à Accra n’avait pour seule motivation que d’apporter le soutien du Président Laurent Gbagbo à son ami John Kufuor qui vient d’être réélu, RFI, sans preuve annonce sur ses ondes que le Président de la Côte d’Ivoire est allé solliciter du Président ghanéen en vue de soutenir la voie du référendum dans la résolution de la crise ivoirienne. A la vérité une telle question n’a nullement été abordée au cours de la visite à Accra.

Quant à la visite d’une délégation du FPI au Maroc, alors même que l’audience accordée par le Roi du Maroc n’avait pas encore eu lieu et qu’aucune déclaration n’avait été faite auparavant, RFI annonce sur ses ondes que le Président Laurent Gbagbo a décidé d’écarter le médiateur Thabo Mbeki dans la résolution de la crise ivoirienne. Une telle attitude relève clairement de la volonté et de la détermination de cette radio de “gêner ” la médiation du Président Sud africain. La surprise est d’autant plus grande que les différents protagonistes de la crise ivoirienne effectuent régulièrement des tournées d’explication en Afrique, sans que cela ne suscite de commentaire de cette nature de la part de RFI.

L’on ne peut que stigmatiser la constante légèreté et partialité de la radio internationale française dans la relation des faits, dans la crise ivoirienne.

Le Président de la République et le Gouvernement de Réconciliation Nationale tiennent à démentir officiellement les allégations sans fondement de RFI. Ils rappellent que le peuple de Côte d’Ivoire, le Président de la République, le gouvernement font entièrement confiance au Médiateur de l’Union Africaine, le Président Thabo Mbeki en qui ils placent de sérieux espoirs de sortie de crise. Le Président de la République a informé le Conseil des échanges constants qu’il a avec le médiateur quant à l’évolution de processus de médiation en cours et notamment de deux échanges téléphoniques ces trois derniers jours.

Abordant son ordre du jour le Conseil sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, a examiné et adopté plusieurs projets de loi et de décrets.

• Mesures générales
Au titre du ministère d’Etat, ministère des Affaires Etrangères
1°- Un projet de loi autorisant l’adhésion de l’Etat de Côte d’Ivoire au protocole facultatif se rapportant à la convention relative au droit de l’enfant, concernant l’implication des enfants dans les conflits armés, adopté le 25 mai à New York.
Par ce protocole les Etats parties s’engagent à ce que les personnes qui n’ont pas atteint l’âge de 18 ans ne fassent pas l’objet d’un enrôlement obligatoire dans leurs forces armées, ni ne participent directement à des hostilités militaires.
2°- Un projet de décret portant ratification et publication de l’accord entre le gouvernement de Côte d’Ivoire et le gouvernement de Tunisie, sur la promotion et la protection des investissements, signé le 16 mai 1995 à Abidjan.

• Mesure individuelles
Le Président de la République après délibération du Conseil a signé plusieurs décrets de nomination d’un Inspecteur général et de directeurs centraux au titre des ministères des Affaires étrangères; des Transports; des Relations avec les Institutions de la République; de la Solidarité, de la Sécurité sociale et des Handicapés; du Tourisme; de l’Enseignement supérieur; de la Culture et de la Francophonie.

• Communication
Le Conseil a ensuite entendu une communication présentée par le ministre d’Etat, ministre de la Santé relative au lancement officiel des journées nationales de vaccination contre la poliomyélite 2005.
Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.
Enfin, le Président de la République est revenu sur le deuil qui frappe le Liban et la communauté libanaise en Côte d’Ivoire suite à l’attentat contre l’ancien Premier Ministre du Liban Rafic Hariri.
Le Président de la République a tenu à rendre un hommage particulier à ce grand homme d’Etat, très proche de notre pays dont il comprenait parfaitement les problèmes, tout en rappelant que celui-ci devrait se rendre en visite officielle en Côte d’Ivoire en 2004. Il a tenu à exprimer la compassion du Gouvernement et du peuple ivoirien à la famille, aux amis du défunt, et au peuple libanais durement éprouvés par cette tragique disparition, et a relevé que l’assassinat politique n’était pas une voie de résolution des crises.

Prof. OULAYE Hubert
Le Ministre de la Fonction Publique et de l’Emploi,
Porte-parole du Gouvernement